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Ménage à trois
(amour, humour, poésie)
(extraits)
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(1,01 minutes)
tous droits réservés - créditsOn zappe
(chanson)
I
À la porte y'a quelqu'un qui frappe
et il y'a tes deux chiens qui jappent
et ton ado de fils qui rappe
sa musiq' sur tes nerfs qui tape
Dans l'atelier ton chum décape
et c'est sur un ton de satrape
qu'il te crie à travers la trappe :
« Va donc voir, y'a quelqu'un qui frappe ! »Refrain
Tu n'en peux plus tu en as marr'
des fois tu rêv'que tu les zappes
mais le matin y'a cett' damnée réalité
[qui te rattrape
tu le sais trop que ton humeur a grand
[besoin qu'tu la retapes
ça te ref'ra une santé à condition
[que t'en réchappesII
Ta fille aînée est dans les vapes
mal réveillée de ses agapes
la caf'tièr de ses mains s'échappe :
« Maman, elle est foutue, ta nappe ! »
Comme des raisins que l'on égrappe
les beaux jours les années t'échappent
tu sens parfois que tu dérapes
– Serait-ce un gouffre qui te happe ?Au Refrain
III
Les naufragés on les rescape
mais c'est la vie cett' fichue gouape
qui doucement par p'tit's étapes
te déconstruit et t'enfirouape
Malgré l'orgueil dont tu te drapes
de petits riens te handicapent
y'a pas d'issue y'a pas d'soupape
– Qu'en pens'rait ce cher Esculape ?Au Refrain
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tous droits réservés - créditsDe ma fenêtre
De ma fenêtre
j'ai vu passer au clair de lune
un pendu
qui croquait
à belles dents
le crâne sanguinolent d'un législateur
Puis un écorché vif est passé
qui criait par-dessus les toits
C'est la résurrection des parias
des faux coupables
des damnés des persécutés des estropiés de la vie
Ce sera
sur la Place-des-Morts-sans-Savoir-Pourquoi-ni-Comment
un festival de feu de sang et d'amertume
un carnage divin
un party de tous les diables
pour tous les saintsje servirai moi-même
des gâteaux à la chair coupable
de petits pains aux consciences lâches
de fausses vertus marinées
de fausses probités à la sauce béarnaise
et nous prendrons joyeusement pour des lanternes
des vessies de mangeurs d'hommes
Braves gens n'oubliez pas
à minuit précis
un juge rendra l'âme dans le cœur d'un poète
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(1,26 minutes)
tous droits réservés - créditsGrâces
Sois bénie femme ô femme
femme transfigurée
corps absolu
chair votiveQue soit bénie ta fièvre et béni le silence
où ton geste pieux
sème sur notre couche
des gerbes de clartésTon nom soit béni femme béni ce flanc
plus peuplé que l'enfer et le ciel accordés
car il est un autel
il est temple d'hier et temple de demain
et je vois tous les temps s'y perdre
d'allégresse
quand j'aime et que tes flancs
ruissellent de bonheurSois bénie femme ô femme
femme transfigurée
corps absolu
chair votiveEt l'antre soit bénit où ma lèvre
gourmande
fait monter de ta vie la houle des eaux
lourdes
l'âcreté capiteuse d'étranges parfums
et ce long cri de bête
et ce râle éblouiSois bénie femme ô femme
femme transfigurée
corps absolu
chair votiveEt l'antre soit bénit où mon corps ébranlé
s'entête de plaisir au faîte de l'extase
que l'antre soit bénit où nos chairs confondues
conspirent ce vertige nôtre
zébré de spasmes fous complotant la brimbale qui
nous brisera femme ô femme transfiguréeQuand je devrai
au port d'un vieil âge éreinté
larguer les voiles pour ailleurs
femmes la couche humide où nous nous accueillîmes
encor tout imprégné du parfum de vos nuits
qu'elle soit mon linceul
comme elle fut berceau de mes heures joyeusesSois bénie femme ô femme
femme transfigurée
corps absolu
chair votive
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(0,46 minutes)
tous droits réservés - créditsIl avait dit
(chanson)I
Il avait dit « Attends l'automne
Dès les premières fleurs tombées... »
Il avait dit « Je reviendrai... »lui qui était toute ta vie
Dans le fouillis des souvenirs
c'est toujours sa voix qui résonne
quand tu t'efforces de sourire
à ce passé qui t'embellitRefrain
Que le glas de tes amours sonne
puisque tu n'attends plus personne
Il n'y a plus dans ton jardin
que des espérances fanées
Tu te consoles des années
En te disant n'importe quoi
Tu n'attends rien tu restes là
Dans le crépuscule glacé
Ta main tremblante sur ton sein
Là où palpite ton chagrinII
Tu voudrais tant que ta mémoire
ne s'en remette qu'à ton cœur
qu'ell' réinvente ton histoire
sans amertume et sans rancœur
Et comme tous les mal-aimés
comme tous ceux qu'on abandonne
il vient un temps où tu pardonnes
car ta blessur' s'est referméeAu Refrain
Que le glas de tes amours sonne...
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(1,09 minutes)
tous droits réservés - créditsQuand tu danses la bossa
(bossa-nova)I
Les yeux fermés
Quand tu danses la bossa
Transfigurée
On ignore où tu t'en vas
On ne sait vers quel pays
Quel zénith quel paradis
Ton cœur nomade
Enfin peut s'envoler
Sans remords
Sans un adieu
Sur un rythme langoureux
La longue vague épouse de ton corps
Se balade
Énamourée
Refrain
Dans ton sillage
Un parfum
De fleur sauvage
Épanouie
Hante une grève
Où chacun
Accoste en rêve
L'infini
II
Malgré la foule
Il ne danse que pour moi
Ton corps qui houle
Et qui rythme la bossa
Ô toi femme qui souris
Tu es flamme et tu le sais
À chaque pas
Tu mimes tes secrets
Effrangés
De petits cris
Ondulant jusqu'au matin
Sous le pouvoir de quelque magicien
Dans la nuit
EnsorceléeAu Refrain
Dans ton sillage...
Ces cinq morceaux sonores sont extraits du récital d'Alix Renaud, Ménage à trois (amour, humour, poésie). Avec les textes, ils sont publiés sur « île en île » avec la permission de l'auteur.
« On zappe », paroles et musique © 2005 Alix Renaud. « De ma fenêtre » a été publié seul, sous forme d'affiche illustrée en 1974. « Grâces » est publié seul comme Grâces, poème de chevet (illustré d'une aquarelle de Marie Laberge) aux Éditions de l'Erbium à Québec en 1979. « Il avait dit », paroles et musique © 2002 Alix Renaud.- Quand tu danses la bossa », paroles et musique © 2002 Alix Renaud.
© Alix Renaud
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