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La littérature est « un combat. Un combat contre moi-même, avec moi-même. Un combat contre le social, contre les contingences… oui, une lutte sans merci. Mais contre moi surtout ». Ainsi opine J-P Richard Narcisse sur ce qui ne se révèle pourtant pas moins le centre primordial de ses intérêts, le pivot essentiel autour duquel il organise une vie réglée, presque monacale. Ce combat s'exprime dans la dualité qui caractérise sa production littéraire. Une dualité linguistique, d'abord. Très jeune, J-P Richard Narcisse fait dans la poésie créole, et sous Duvalier II, des débuts tumultueux et marqués, tantôt romantiques, tantôt engagés (Dèy ak Lespwa, 1978 ; De pale, 1979, en collaboration avec Lyonel Trouillot). Sa production littéraire compte aussi plus tard des textes conçus pour le théâtre. ADAS d'abord où on le retrouve, aux côtés de Syto Cavé, dramaturge et diseur pour La fillette couverte de paille, en 1984, et dramaturge encore avec Hervé Denis au Théâtre National, pour Lotbò Granrivyè, en 1989. Mais quand il s'écarte résolument de la scène culturelle haïtienne, dans les années 1990, ce qu'il y laisse comme trace indélébile et innovatrice, c'est l'aventure de Recho Etajè (1983), expérience inédite d'écriture automatique en créole, présenté par Georges Castera comme « le premier recueil de poésie en créole volontairement surréaliste » (Conjonction 193, Surréalisme et Révolte en Haiti, 213). Dans La Fresaie (paru en 2011 quoique terminé dix ans plus tôt), le personnage s'interroge et se retrouve accusateur et défenseur dans un drame personnel raconté à trois voix non pas s'alternant mais simultanées et s'entrecoupant. Autant de paris incessants et surprenants de forme qui illustrent une incapacité à se conformer à la linéarité traditionnelle de la narration. Forcé donc se retrouve-t-il d'inventer une forme propre à chaque œuvre. À l'inquiétude légitime chez plus d'uns de l'abandon pur et simple d'un vernaculaire d'inspiration si heureuse chez lui, Narcisse confie avec la plus grande sérénité que « le sujet impose sa langue. Ces œuvres m'ont été comme dictées et leurs exigences de même. Je reviendrai au créole, soyez-en sûr !... C'est une grande part de moi avant tout » – Paul Fadoul N.B. L'auteur publie d'abord sous le nom de Pierre-Richard Narcisse et par la suite, J-P Richard Narcisse. |
Oeuvres principales:
Récits:
- Dans l'ombre d'une exécution: toute l'enquête sur l'affaire Coicou. New York: Haitian Book Centre, 2010, 528 p.
- La Fresaie. New York: Haitian Book Centre, 2011, 157 p.
- Voyage au pays de Jacques. (à paraître).
Poésie en créole:
- Dèy ak lespwa. Port-au-Prince: Choucoune, 1979, 30 p.
- De pale (avec Lyonel Trouillot). Port-au-Prince: Fardin, 1979, 56 p.
- Recho Etajè. Port-au-Prince: Impressions magiques, 1983, 44 p.
Théâtre:
- La Fillette couverte de paille (en collaboration avec Syto Cavé et Lyonel Trouillot), 1984. Inédit.
- Lotbò Granrivyè. Mise en scène : Hervé Denis. Présentée au Théâtre National, Port-au-Prince, Haïti, 1989. Inédit.
- Vwazin, kouman ou ye ? (à paraître).
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Liens sur J.-P. Richard Narcisse |
sur Île en île:
- La Fresaie, extrait du récit de J.-P. Richard Narcisse.
ailleurs sur le web:
- « J-P Richard Narcisse nous revient », compte-rendu de Dans l'ombre d'une exécution par Pierre-Raymond Dumas. Le Nouvelliste (11 octobre 2010).
- Mémoire de femmes, portraits de femmes haïtiennes, par Jasmine Claude-Narcisse et Pierre-Richard Narcisse (Unesco, 1997).
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