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Carpanin Marimoutou
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photo © Thomas C. Spear
Saint-Benoît, 11 juillet 2009

Jean-Claude Carpanin Marimoutou est né le 1er décembre 1956 à Saint-Denis de la Réunion, mais c'est à Saint-Benoît qu'il passe les dix premières années de sa vie. En 1966, afin de poursuivre ses études secondaires et tertiaires, il est amené à quitter le quartier de son enfance pour le chef-lieu réunionnais avant de s'envoler en 1972 pour Montpellier où il découvre, adolescent, Cahier de retour au pays natal de Aimé Césaire. Après des études en hypokhâgne et khâgne au Lycée Joffre (1974-1976), il s'oriente vers les Lettres Modernes à l'université Paul Valéry où il suit un parcours classique – licence, maîtrise et DEA ; CAPES (1981) puis agrégation (1983) – avant d'entreprendre une thèse de doctorat ès Lettres sur le roman réunionnais qu'il soutient en 1990, sous la direction de Robert Lafont. Entre 1978 et 1984, il enseigne dans le secondaire, en France et à la Réunion, avant d'entamer sa carrière d'enseignant à l'Université de la Réunion.

Depuis ses années estudiantines, Carpanin Marimoutou se tient en première ligne sur la scène culturelle réunionnaise. Il fait notamment partie du Group Kiltirel Zélindor – groupe d'Agitprop de l'O.C.M.L.R. (Organisation Communiste Marxiste Léniniste de La Réunion) dont il est membre. En 1980, le groupe Ziskakan met en musique l'un de ses textes (20 désanm). Dès son retour à La Réunion en 1983, il suit d'anciens membres de l'O.C.M.L.R. (Anny Grondin, Séga, Marilyne Dijoux) et rejoint Ziskakan. La collaboration entre ces artistes se termine après de longues années. Il s'occupe également d'édition avec Alain Gili (ADER), Firmin Lacpatia (Les Chemins de la liberté), Jean-François Réverzy (Grand Océan) et André Robèr (K'A).

Professeur des universités, sociolinguiste, poète, activiste culturel, Jean-Claude Carpanin Marimoutou se définit avant tout comme un intellectuel réunionnais. Né de parents enseignants (sa mère était institutrice et son père professeur de mathématiques puis principal de collège), il grandit aux côtés du Parti Communiste Réunionnais (PCR) que son père fonde aux côtés de Paul Vergès, Bruny Payet et Baptiste Ponama. Bien qu'il n'ait jamais été membre du PCR, l'idéologie du parti influe sur sa vision de la culture et de l'identité réunionnaises : « les positions politiques de mon père ont joué un rôle important dans la mesure où elles me confortaient dans mon appréciation, ma saisie, ma compréhension, ma jouissance de la culture vernaculaire réunionnaise dans toute sa diversité et dans sa complexité ». Cette influence le pousse, alors qu'il est étudiant, à porter son regard au-delà des côtes réunionnaises vers les littératures de l'Amérique du Sud et de l'Afrique, avant de pouvoir se tourner – riche de cette appréciation – vers celles de l'Inde et de la France.

Son engagement poétique et politique pour une valorisation de la culture réunionnaise résonne avec force tout au long de ses poèmes. Comme Stéphane Hoarau l'analyse clairement, « après Fazèle (1978) et Arracher cinq mille signes (1980), c'est dans Approches d'un cyclone absent (1991) qu'il livre aux lecteurs ses espoirs – et ses déceptions – concernant l'île. Il y relate comment les aléas de l'histoire ont fait basculé le rêve de cette île india-océane qui n'est jamais véritablement parvenue à trouver sa place dans le monde. […] Les mots de Carpanin Marimoutou attirent l'attention sur ce qu'il ne faut pas oublier, ce qu'il faut conserver à l'esprit pour voir ce rêve se réaliser : celui d'une société intègre, sauve de ses particularités. L'auteur poursuit son projet poétique – mêlé à une conscience politique – jusqu'en 2002, avec des oeuvres telles que Romans pou la tèr èk la mèr (1995), 6 fonnkèr pou band lèt la pèrd la bann / 6 poèmes pour des lettres envolées (2000), ou encore 'Narlgon la lang' (2002) » (maloya.org).

Pierre de touche des recherches universitaires et du travail poétique de Carpanin Marimoutou, la singularité de la diversité culturelle de la Réunion devient rapidement une source intarissable de réflexion. À travers un questionnement incessant du rapport entre le lieu et le lien, il explore la question fondamentale de « l'habiter » et de « l'habiter ensemble ». Comment vivre à la confluence de six mondes (îles de l'Océan Indien, Afrique centrale, France et Europe, Inde musulmane, Inde dravidienne et Chine), sur une île sans autochtonie marquée par les affres de la colonisation et les suites de la départementalisation ? La solution transparaît dans ses écrits comme une évidence : il s'agit de prendre conscience de l'hétérogénéité de la réalité réunionnaise et de célébrer ce « vivre ensemble singulier, non plus fondé sur la hiérarchisation des apports ni sur leur simple juxtaposition, mais sur l'invention d'une culture commune élaborée à partir d'abandons réciproques, de dialogues (parfois conflictuels) et de partage ».

Si ce travail intellectuel prend forme à travers différents textes, notamment Amarres, créolisations india-océanes, co-écrit par Françoise Vergès, il s'inscrit également dans un projet aussi controversé qu'ambitieux, celui de la Maison des Civilisations et de l'Unité Réunionnaise (MCUR). Celle-ci serait le symbole du « processus de réappropriation de l'histoire et de la culture globale et complexe de La Réunion, amorcé par les luttes et les recherches menées par l'université et les mouvements culturels ou politiques dans les années 1960-1970 […]. C'est à la fois un centre culturel vivant qui met en avant la créativité réunionnaise et indiaocéanique, et un musée vivant, un musée sans objets construit autour d'une muséographie innovante de la culture immatérielle, des itinéraires ». Plus que la mise en avant de la richesse de l'identité culturelle réunionnaise, la MCUR œuvre pour une valorisation de la créolisation telle qu'elle est vécue par les Réunionnais – une créolisation en porte à faux avec l'insularisation sociale, politique ou culturelle qui offre l'opportunité de reconnecter l'île et le monde.

En 2011, l'ouvrage collectif Sabatkoz desi lékritir Carpanin Marimoutou rend hommage à ce grand nom du monde culturel et intellectuel réunionnais à travers plusieurs articles consacrés, entre autres thèmes, à son parcours intellectuel, aux concepts-clefs de sa réflexion et à une relecture de ses textes poétiques.

Parallèlement à son travail de recherches et à ses publications, Carpanin Marimoutou continue à écrire des textes poétiques mais de façon plus sporadique.

– Anne-Bénédicte André

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Dossier Carpanin Marimoutou préparé par Anne-Bénédicte André
tous droits réservés © 2012
http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/marimoutou.html
mise en ligne : 10 janvier 2012 ; mise à jour : 3 juillet 2012