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Fred Edson Lafortune
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Fred Edson Lafortune
photo © Antoine Tempé
Port-au-Prince, juin 2007

Fred Edson Lafortune nait le 31 juillet 1982 à Anse-à-Veau (Haïti), où il fait ses études élémentaires. En 1991, sa famille s'installe à Astruc après que leur maison à Anse-à-Veau est incendiée. Il arrive à Port-au-Prince, la capitale, en 1996 pour terminer ses études secondaires et entamer des études universitaires à la Faculté de Droit des Gonaïves et à l'École Normale Supérieure. En 2007, il fait une formation en techniques d'animation autour du livre aux Presses Nationales d'Haïti. En octobre 2007, il est invité à Paris par la Société des Poètes Français (SPF) pour présenter ses travaux littéraires et pour suivre un séminaire sur la littérature médiévale et sur « Écrits et culture dans l'Europe moderne » au Collège de France. Ce voyage est l'occasion pour le poète de rencontrer des personnalités du monde culturel et littéraire français et des écrivains haïtiens ou franco-haïtiens vivant en France. À Paris, il participe également à Planète Mots (journée du livre et du multimédia pour les jeunes) et à l'émission « l'Onde Poétique » à Radio Enghien.

En mars 2009, Fred Edson Lafortune est au Salon du Livre de Paris pour signer son recueil En nulle autre et pour présenter l'anthologie de poésie et d'art haïtien Cahier Haïti qu'il a coordonnée avec le poète James Noël. Il est également interviewé par Guillaume Truilhé à la Chaine de Télévision Toulousaine et Européenne (CT2E). Il suit un stage d'écriture avec Gérard Noiret en résidence au Théâtre 95 à Cergy, stage qui se poursuit à Villeneuve-sur-Yonne (Bourgogne) avec l'écrivain Baptiste-Marrey et le peintre Jean-Louis Gerbaud.

Il anime des ateliers dans des lycées pour sensibiliser les élèves à la culture et à l'histoire d'Haïti et pour les amener à découvrir les conditions d'accès pour les jeunes haïtiens à l'éducation et au livre. Il présente des conférences sur la poésie, la littérature et la culture haïtiennes, en Haïti, en France et à New York. Il collabore entre autres à la série « 5 Questions pour Île en île », une suite d'entretiens en vidéo présentant les auteurs du site Île en île.

Fred Edson Lafortune travaille dans de nombreux domaines : animateur d'ateliers d'écriture et du théâtre auprès des lycéens et personne visible lors des manifestations littéraires à Port-au-Prince. Ses poèmes sont publiés dans des revues haïtiennes et étrangères telles que Art et Poésie, Il Convivio et Le Manoir des poètes.

La poésie de Fred Edson Lafortune est simple, libérée de toute facture surréaliste. Cette écriture évocatrice n'est qu'un aboutissement d'une confrontation entre le réel et le mal de vivre.

Je m'évaderai de ces cauchemars
Oubliés sur la soif de tes nuits inquiètes

L'œuvre de Lafortune est un système clos dans lequel le poème ne se réinvente pas. En nulle autre n'est pas une poésie expérimentale ni en grande partie ésotérique, mais plutôt une correspondance entre le poète et ses souvenirs. L'œuvre contient une grande variété d'images : celles tirées des voyages et des lieux évoqués (Saint-Cloud, Auber, Groslay... isotopies qui renvoient à des référents géographiques et créent dans le texte un espace de mouvements) et celles tirées de la douleur :

Et cette même pauvreté de mon peuple
Je la porte en moi comme la mère son fœtus
Comme un fétu l'amour du feu
Dans l'instinct de la mort

Le trait essentiel de cette poésie, c'est qu'elle n'est jamais séparable de la vie et du vécu. Aussi, le poète ne s'écarte-t-il pas de la conception de Maria Rilke (Lettre à un jeune poète) faisant de la poésie le lieu de ces expériences.

Thématique assez récurrente, l'érotisme, dans En nulle autre, n'est pas une légitimation de la référence sexuelle. Ce corps féminin, double métaphore de par sa fonction jouissive et contemplative, engendre une polysémie de l'image, ce qui évite au poème ce culte puéril de la crudité et dénotant une certaine aliénation d'ordre psychologique et psychanalytique, très répandue dans les milieux existentiels.

Je la connais mère des îles
Portant dans son corps sage
L'absolue beauté des métaphores

Ce « corps » qu'il prétend connaître n'est que le symbole d'une métaphore qui tend à pérenniser le désir de l'acte. Mémoire narcissique. Dans ce contexte, l'écriture devient un pré-texte pour parler de son propre corps, cas pathologique d'onanisme. Cependant, le poète ne pousse pas sa poésie dans un ex-nihilo. C'est un érotisme sensitif, teinté de pudeur. Lien de partage et de régénération.

Je trouve ma part d'éternité
Dans la genèse de ton corps
Tel ce coucher de terre qu'on regarde depuis la lune

Fred Edson Lafortune, comme Octavio Paz, est un poète pour qui « Le corps féminin est une halte terrible ». Dans En nulle autre, le poète s'exerce à un être autre. Pour parfaire ce dessein, il accorde la priorité au principe d'équivalence de Jakobson, principe par lequel l'équivalence qui régit la sélection, gouverne alors l'axe des combinaisons, ce qui dénote un parti pris majeur pour la fonction poétique. Et par ce Michael Riffaterre appelle la surdétermination par association et métonymie, Lafortune arrive à prolonger le désir par l'accompagnement d'une mémoire épanouie.

Ce désir décanté de la gangue charnelle est fixé à jamais, gravé, indélébile comme ce qui a rapport au divin. La plurivocité du texte éclate, transgresse l'érotisme primitif d'un Henri Miller pour structurer la de-construction et éviter du coup la luxure.

– Jean Watson Charles et James Pubien

Oeuvres principales:

Poésie:

Textes publiés dans des ouvrages collectifs:

Anthologie:

Filmographie:

Conférences sélectionnées:

  • Créations théâtrales:

  • En terre d'exile, jouée à la bibliothèque Justin Lhérisson, mise en scène de Jude Richard.
  • Muse lyrique, jouée à la bibliothèque Justin Lhérisson, mise en scène de Techelet Nicolas, 2005.
  • Soleil noir de la patience, jouée à la bibliothèque Justin Lhérisson, mise en scène de Jude Richard.
  • Face à face / Fasafas, jouée deux fois au cimetière de Carrefour, mise en scène de Techelet Nicolas, 2004-2005.
  • Maux-mots, jouée à la Télémax et à la bibliothèque Etoile Filante, mise en scène de Edouard Baptiste (youyou), 2004.
  • Bayawonn ak bayawonn, jouée à l'hôtel Villa privé, mise en scène de Jude Richard.
  • Raab, jouée à la bibliothèque Étoile Filante, mise en scène de Jude Richard.
  • Ogou Badagri, jouée à l'École Normale Supérieure, mise en scène par Fred Edson Lafortune et Jude Richard.
  • Poésies et Chansons, jouée à la bibliothèque Justin Lhérisson, mise en scène par Adler Jean Pierre et Techelet Nicolas, 26 novembre 2005.
  • Voix contemporaines, jouée à la bibliothèque Etoile Filante, mise en scène de Adler Jean Pierre et Techelet Nicolas, 2005.
  • Le temps de l'amour, jouée à Jacmel au restaurant Le Rendez-vous, mise en scène collective.
  • Peyi a pa vanse, extrait du recueil inédit du poète Edgar Gousse, jouée dans les rues de Jacmel, mise en scène de Fred Edson Lafortune.
  • Mann mannan, adaptation du recueil inédit Pwenvigil, jouée au collège Cœurs Unis avec les élèves du même collège, mise en scène par l'auteur, Fred Edson Lafortune.
  • Sans titre, jouée au collège Cœurs Unis avec les élèves du même collège, mise en scène de Fred Edson Lafortune.
  • Oye ! Oye ! Rèv nou, jouée deux fois au Champ de Mars (Port-au-Prince) et à Mara Villa avec les comédiens de l'Atelier Le vide, mise en scène de Techelet Nicolas.
  • bleu

    Sur l'oeuvre de Fred Edson Lafortune:

    Sites et liens sélectionnés
    Liens sur Fred Edson Lafortune

    ailleurs sur le web :

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    Dossier Fred Edson Lafortune préparé par Thomas C. Spear
    tous droits réservés © 2010-2011
    http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/lafortune.html
    mise en ligne : 5 janvier 2010 ; mise à jour : 13 novembre 2011