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photo des archives de la famille de Yanick Jean, D.R.
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Yanick Jean est née le 10 mai 1946 à Port-au-Prince. Elle
y est décédée le 10 juin 2000. Yanick Jean était
peintre, décoratrice, poète et romancière. Elle dit
au cours d'un entretien (avec Joëlle Vitiello en 1997) avoir toujours
eu le goût d'écrire et de créer.
Après une enfance bourgeoise mais difficile avec ses parents,
Yanick Jean se trouve au cur d'un groupe d'intellectuels à
Port-au-Prince. Elle vit aux États-Unis avec son époux le
dramaturge Syto Cavé à partir de 1968, à New York.
Elle participe aux débuts des aventures de la troupe théâtrale
composée d'exilés à New York, la troupe Kouidor.
Elle contribue à la réalisations de certains décors
de scène. Elle se forme à la peinture. Après son
divorce, elle demeure à New York jusqu'en 1983 quand elle rentre
en Haïti.
Son premier recueil de prose poétique Recommencer Paule
paraît en 1982. Le second, La fidélité non plus...
est publié en Haïti en 1986; avec un poème-préface
de Syto Cavé, il reprend certains thèmes du premier recueil.
Yanick Jean a également écrit un roman encore inédit
à ce jour, Joyeuse des distances, qu'elle décrit
dans son entretien comme «un roman du roman».
Yanick Jean était également décoratrice et a continué
de peindre. Ses toiles sont peu connues, mais elles ont été
exposées dans diverses galeries en Haïti, à Santa Barbara
et à New York. Son écriture surréaliste répond
à la fois aux souffles de la littérature haïtienne
de plusieurs mouvements (spiralique, surréaliste, baroque) et aux
mouvements de l'écriture féminine et féministe (dans
la lignée d'Hélène Cixous, Nicole Brossard, Monique
Wittig par exemple). Il existe une certaine correspondance entre ses toiles
représentant des femmes déchirées, multiples
et son écriture. L'uvre de Yanick Jean est difficile
à découvrir, voire à trouver. Elle a fait l'objet
d'un grand silence en peinture comme en écriture. En 2003, les
Éditions Mémoire d'encrier à Montréal rééditent
La fidélité non plus..., ce qui contribuera à
la faire connaître à sa juste mesure du grand public.
Joëlle Vitiello
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