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photo D.R., archives CIDIHCA
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Fernand Hibbert est né le 30 octobre 1873 à Miragoâne
(Haïti). À l'âge de dix ans, il quitte sa ville natale
pour Port-au-Prince où il est inscrit au Petit Séminaire
Collège Saint-Martial. Il termine ses études secondaires
à Paris où il fait ensuite des études supérieures.
Hibbert rentre en Haïti en 1894. Il est d'abord comptable au département
des Finances. Deux ans plus tard, il se marie avec Marie Pescaye. (Leur
fille Nicole se mariera avec l'écrivain Jacques Roumain.) Les premiers
écrits de Hibbert sont des articles à caractère historique
et des contes publiés dans La Ronde. En 1904, Hibbert est
nommé professeur d'histoire au Lycée Pétion. Il est
aussi professeur de langue et de littérature française.
Il reste dans l'enseignement jusqu'en 1912, tout en continuant à
écrire. Plusieurs de ses uvres apparaissent dans Le Soir
sous forme de feuilleton (Sena, Les Thazar, Romulus,
Masques et Visages). Fernand Hibbert milite contre l'occupation
américaine et contribue à La Revue de la Ligue de la
jeunesse haïtienne. En 1916, il fait jouer La Réclamation
Hopton, pièce qui reste inachevée. Après sa carrière
d'enseignant, Hibbert fait carrière politique. Il est chef de division
au département des Relations extérieures. De 1916 à
1920, il est ministre à la Havane. Il est secrétaire d'État
de l'Instruction publique de 1921 à 1922. Fernand Hibbert meurt
en Haïti le 19 décembre 1928, à l'âge de cinquante-cinq
ans.
Hibbert est souvent appelé peintre de la société
haïtienne. En fait, sa génération d'écrivains
est créditée par plus d'un d'avoir inauguré le
roman haïtien. Pour la plupart, Hibbert puise ses personnages principaux
dans la bourgeoisie haïtienne. Il fait référence
dans ses textes aux pratiques politiques et sociales de son époque.
Par exemple, il est souvent question de xénophilie excessive
ainsi que du rôle que joue l'argent dans les relations humaines.
Dans certains textes Hibbert fait référence à des
événements politiques spécifiques. Dans Romulus,
parfois qualifié de roman historique, il raconte le siège
de Miragoâne par des exilés venus de la Jamaïque en
1883. L'intrigue des Simulacres se déroule pendant l'occupation
américaine d'Haïti. Hibbert utilise beaucoup d'humour tout
en critiquant certaines murs haïtiennes de son époque.
D'ailleurs, bon nombre des écrits d'Hibbert restent d'actualité
dans leur description des pratiques sociales et politiques du pays.
Les romans de Fernand Hibbert continuent d'être lus et étudiés
en Haïti comme en témoigne la réédition de
ses uvres en 1988 par la maison Henri Deschamps.
Nadève Ménard
Références: Léon-François
Hoffmann, Littérature d'Haïti (Paris: EDICEF, 1995);
Pradel Pompilus et Raphaël Berrou, Histoire de la littérature
haïtienne, illustrée par les textes (Port-au-Prince:
Éditions Caraïbe, 1975).
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