Michel Monnin, Carton d'invitation de l'exposition...,
jeudi 12 décembre
Jean-Louis Sénatus qui a commencé
à peindre en 1969 est un des grands maîtres de l'école
dite de "l'espace haïtien", mouvement artistique qui prit naissance
à la Galerie Monnin au cours des années soixante-dix avec
Serge Moléon Blaise, Roosevelt Sanon, Lamour, Murat Saint-Vil,
Fritz Saint-Jean, Avril Forest pour ne citer que ceux-là.
Ces derniers temps, Jean-Louis Sénatus
s'est envolé toujours plus haut dans l'espace. La délicatesse
de sa palette enfante des mondes en perpétuel mouvement dans
des ciels ciselés d'or fin, crée des lointains qui se
chevauchent et s'enlacent dans une symphonie de couleurs ocres, jaunes,
oranges lever-coucher, bleus teintés de rose, avec par-ci par-là
des nuages comme voiles de mariées.
Ici, son amour du paysage obéit
de moins en moins à un souci de représenter la nature,
qu'au désir de donner forme aux mystères: tout devient
symbole, fantasmagorie, mysticisme et poésie.
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Marché de Carpentier
de Jean-Louis Sénatus (1996).
Collection privée (Martinique); photo de Marc Steed.
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Depuis 1989, Sénatus est redescendu
sur terre à Port-Salut. Il y a bâti sa maison. Avec patience
et opiniâtreté, il y cultive son jardin.
Et c'est pourquoi, sans doute, l'on retrouve
dans ses récentes créations la beauté presque irréelle
de notre île à l'agonie, la fraîcheur de nos derniers
oasis, et cette lumière du Sud qui donne à toute chose
un volume plus consistant.
Comme s'il voulait faire revenir les
anges, les chevaux aériens, la corne d'abondance.
Le pays refleurira.
Ces deux reproductions ont servi
de carton d'invitation pour une exposition individuelle consacrée
à Jean-Louis Sénatus, à la Galerie Monnin, un 12
décembre.