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angola


DONNEES GENERALES


     Superficie : 1.247.700 km2. Population : 5.100.000 h. Capitale : Luanda (400.000 h.).

     Angolais : 4.750.000, dont 10 % résident en ville.

     Européens : 350.000 (dont 70.000 militaires et 20.000 des forces de police et de sécurité).

SANTE


     Espérance de vie : 30 ans.

     0,67 médecin pour 10.000 habitants en 1961 (statistiques de l'ONU). 4.645 lits d'hôpital en 1965.

     Les médecins et les centres médicaux sont essentiellement concentrés dans les villes peuplées en majorité par les étrangers.

ENSEIGNEMENT

     99 % d'analphabètes

     Les chiffres officiels indiquent que le nombre d'élèves a atteint en 1966 le nombre de 225.000. Il faut souligner que :

— cet enseignement profite d'abord aux Portugais
— presque tous les étudiants sont portugais.

AGRICULTURE

     Dans le secteur traditionnel : 1.850.000 de petits paysans en état de paupérisation croissante. Dans le secteur colonial et autres, 61.000 salariés européens et 449.000 angolais, soit un européen pour 7 angolais.

     57% des salariés angolais sont des travailleurs forcés (salaire mensuel moyen : 50 DH environ). Ils constituent 80% du total des salariés du secteur primaire.

     Principales ressources agricoles : café (monoculture typique-ment coloniale), sisal, coton tabac, riz, manioc, canne à sucre, etc...

INDUSTRIE

     Elle occupe 5,8 % de la Population et constitue 34 % des exportations globales.

     L'industrie extractive en est la principale: diamants, fer, pétrole. La compagnie des diamants de l'Angola, DIAMANG, contrôlée par le monopole géant sud-africain De Beers, compte sur la participation d'autres groupes, notamment américain et belge. Les vastes territoires qu'elle contrôle apparaissent comme un état dans 1'état. Elle possède, comme dailleurs toutes les compagnies minières, son propre corps de mercenaires.

     Principaux intérêts économiques étrangers, en dehors de ceux déjà cités : allemands, anglais, français, italiens et japonais.

     Le commerce de l'Angola s'effectue presque exclusivement avec une poignée de pays impérialistes. Le café est dirigé vers les Etats-Unis et les Pays-Bas. Les diamants vers le Portugal d'où ils sont réexportés vers 1'Angleterre. Les minerais de fer, vers l'Allemagne Fédérale et le Japon.

     Ainsi le Portugal n'est souvent qu'un intermédiaire dans l'exploitation des ressources angolaises.

LUTTE DE LIBERATION NATIONALE

     Elle plonge ses racines dans une longue tradition de résistance (qui a duré quatre siècles) à la pénétration étrangère.

     Le mouvement nationaliste se structure dès la fin du 19e siècle.

     1929 : création de la Ligue Nationale Africaine.

     1953 : formation des premiers partis clandestins.

     1956 : création du MPLA qui regroupe en 1958 d'autres partis nationaux.

     1957-60 : vague de répression :

     — Massacres (Icolo-e-Bengo)

     — Exécutions de nationalistes (à Labinda et Luanda)

     — Emprisonnements (notamment Agostinho Neto, président du MPLA en 1960).

     A l'action de la PIDE (police fasciste) s'allie celle des troupes portugaises : ratissages, incendies des maisons, tortures.

     4 février 1961 : déclenchement de la lutte armée. Nouveaux massacres (8.000 angolais sont tués à Luanda et à Baixa de Cassange).
1963 : machination de l'impérialisme américain. Tandis que la lutte armée se développe, un nouvel ennemi surgit : l'UPA, parti de Roberto Holden, agent de l'impérialisme américain qui proclame la constitution d'un « gouvernement provisoire angolais en exil ». Soutenu par des gouvernements africains (notamment le Congo K) reconnu par l'OUA, Holden et son parti fantoche ont réussi tant bien que mal, jusqu'à une date récente, à tromper une certaine opinion africaine et internationale.

     1967 : après le renforcement du maquis de Cabinda, des fronts du Nord et de l'Est, le MPLA étend la lutte armée à l'ensemble du territoire.

     Aujourd'hui, la lutte de libération nationale dirigée par le MPLA. est entrée dans une phase irréversible. Les régions de lutte armée s'élargissent, le peuple enthousiaste adhère à cette lutte et participe à la réalité du pouvoir révolutionnaire et démocratique.